Le chemin ou tu marche se retire
Cie Noemi lapzeson

Travail qui veut parler de l'acte poétique, de la solitude ultime. Sensation profonde et vague d'un vécu qui n'est plus. Je pense souvent que ce qui me touche est lié à un passé. Que je me trouve aujourd'hui plus proche de la sensibilité de ma mère que de celle de ma fille et que je ne corresponds plus aux valeurs actuelles. Que je ne comprends pas. Et j'arrive à croire que j'appartiens à une race en voie de disparition.

Il y a un point zéro de l'effort au début de tout mouvement. Je crois que tout art a son origine à partir de ce vide. Et puis j'ai voulu retrouver certaines traces, une odeur d'enfance, dans un moment où nous avons perdu nos traditions et nous pouvons seulement parler de nos propres sentiments et de l'étranger qui est en nous.
J'ai travaillé sur des textes qui nous font penser avec le coeur en nous donnant une très grande émotion et qui ont à voir avec cette ultime solitude.

La musique a été construite à partir de discussions avec Jacques Demierre. Je voulais que le tango soit présent, aussi Purcell, aussi du silence. Jacques Demierre est venu au studio pendant mes cours et il a enregistré des bruits, des respirations, des frottements, des paroles. Le résultat, c'est cette bande que j'appelle biographique tant elle est liée à ma personne.

Et puis, il y a la lumière et le décor, et bien-sûr le mouvement. Chaque élément fait partie intégrante du spectacle, étant de la même importance dans l'expression chorégraphique. Ainsi, nous entreprenons un voyage ensemble qui nous amène à de nouvelles aventures. Dialogues, accidents, malentendus et surprises.
Qu'avons-nous d'autre aujourd'hui dans le chaos entre science et technologie, entre le désir de vie et l'évidence de la destruction que le moment poétique?